L’urbanisation contre l’effet d’empilement

L’effet d’empilement…

…ou comment obtenir 1 application pour le prix de 2, 3, 4… ?

empilement

L’urbanisation pour rationaliser les infrastructures

Les plus grandes entreprises se dotent de moyens spécifiques pour éviter cet effet d’empilement nuisible à leur productivité : elles mettent en place le concept d’urbanisation. Ce concept vise à établir une cohérence entre les processus de l’organisation et ses ressources informatiques. On va éliminer toutes les applications et les systèmes inutilisés. Cela permet de réaliser des économies. Et surtout de rationaliser les usages.

Exemple : Les applications obsolètes doivent être supprimées (avec prudence). Elles coûtent en maintenance, en espace, en électricité, etc. Encore faut-il savoir quelles sont les applications encore utilisées ?! Une application comptable peut très bien être utilisée par une seule personne pour une seule fonctionnalité un jour par an, et dans ce cas il faut bien la maintenir !… Urbaniser consiste à établir la cartographie, les liens entre les processus et l’infrastructure, c’est-à-dire vérifier la cohérence entre la vision Métier et la vision Technique.

Etude de cas : l’urbanisation d’une banque

Compte tenu du patrimoine important que représente le SI, la question de son adaptabilité, de sa souplesse se pose de plus en plus. D’autant plus que la complexité du SI ainsi que les interactions croissantes entre les applications et les systèmes qu’il contient, interdit bien souvent une rupture complète, un changement brutal. Il faut également comprendre le système : cela passe par une cartographie des différents niveaux, des différentes visions du système, depuis celle des Métiers jusqu’à l’infrastructure informatique, en passant par la vision fonctionnelle intermédiaire. Le concept d’urbanisation permet d’aborder les qualités attendu d’un SI : la flexibilité, la mutualisation des ressources, la scalabilité (capacité à augmenter la capacité d’un SI sans modifier son architecture), la résilience (résistance aux pannes) et la maintenabilité (réductions des pannes et de leurs effets).

On ne peut pas parler d’une partie du SI d’une organisation sans considérer le contexte, la dimension à étudier. Il s’agit donc :

1 – de décomposer le SI en « vues » avant toute analyse ou avant toute modification,

2 – d’analyser les interactions entre ces dimensions.

Les Principes de l’urbanisation

La vision Informatique

De nombreux progiciels, applications, Base de Données et Architecture Technique sont communs à plusieurs métiers. Du point de vue informatique, on cherche à regrouper ces éléments en fonction des catégories Hardware et Software. Urbaniser, c’est quoi ? Au fond, il s’agit le plus souvent de rationaliser les moyens pour réaliser des économies d’échelle en mutualisant les ressources matérielles et logicielles, sans pour autant limiter ou perturber les ressources humaines que sont les utilisateurs, acteurs actifs de l’organisation.

Remarque : L’architecture informatique décrit la structure d’un système informatique en termes de composants et d’organisation de ses fonctions. Ainsi on distingue l’architecture physique (= réelle) de l’architecture logique (= opérationnelle, axée métier).

Par exemple, la virtualisation de serveurs permet d’adapter les ressources logiques, c’est-à-dire les besoins métiers opérationnels d’une fonction particulière à un instant t, aux ressources physiques dont on dispose réellement, de manière globale, au niveau de l’organisation.

La vision Métier

A chaque métier de l’organisation correspondent :

            a) des événements (stimuli)

L’outil informatique doit s’adapter aux événements redondants du système opérationnel pour répondre aux besoins de l’organisation. Ainsi, du point de vue de l’urbanisation, le SI doit s’adapter aux ressources humaines. Le plus souvent, il s’agit d’automatiser ces traitement, sans modifier de façon radicale le fonctionnement Métier.

            b) des processus (réactions)

Les réponses aux événements redondants se décomposent individuellement en une suite logique d’actions répétées appelée processus. Dans une démarche d’urbanisation, on cherchera à optimiser ces processus, appelé « Réingénierie de Processus ».

La vision fonctionnelle

L’urbanisation consiste à faire évoluer son SI pour qu’il soutienne et accompagne de manière efficace et efficiente les missions des organisations et leurs transformations.

L’urbanisation du SI ne fait pas table rase du passé mais tient compte de l’existant et doit permettre de mieux anticiper les évolutions ou contraintes internes et externes impactant le SI, et en s’appuyant le cas échéant sur des opportunités technologiques.

L’urbanisation facilite la transformation continue du système d’information.

Remarque : Le terme d’urbanisation est parfois associé, à tort, au concept d’architecture informatique. Cette confusion vient du fait que l’urbanisation commande de suivre la logique « top-down » (i.e partir du besoin pour redescendre vers l’infrastructure. Cette notion s’oppose à la logique « bottom-up », imposée par l’apparition des NTIC) suivante pour bâtir une architecture informatique adaptée, dite urbanisée :

Stratégie -> Métier -> Fonctions -> Architecture Informatique

Différence entre Cartographie et Urbanisation

  • Cartographie du SI = Outil, schéma, et représentation pour comprendre le SI et préparer son urbanisation.
  • Urbanisation du SI = Concept, démarche, étude, et analyse en vue d’assouplir le SI, le rendre adaptable aux futures évolutions (= projets).

Pour aller plus loin : l’intégration des applications (EAI)

 

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